Classification

La classification en compétition

 

La classification : pour une compétition équitable

L’un des enjeux principaux du paralympisme est d’éviter d’être le théâtre d’une compétition prévisible où le sportif dont le handicap est le moins “important” gagne systématiquement.

C’est la raison d’être principale du système de classification qui place les athlètes paralympiques dans différentes catégories pour la compétition, tenant compte des caractéristiques de leur handicap.

C’est, appliquée au domaine du handicap, la même logique que celle qui répartit les compétiteurs dans des groupes d’âges ou des catégories de poids de corps

Les différents sports paralympiques font appel à des aptitudes très variées : courir, propulser un fauteuil, tirer à l’arc, ramer…  L’impact d’un type de handicap particulier sur la pratique de ces différentes activités est par conséquent  très inégal de l’une à l’autre.  C’est pourquoi, afin de limiter l’impact du handicap sur la performance sportive, le modèle de classification est spécifique à chaque sport.

 

Les trois étapes du processus de classification des sportifs en compétition

La classification d’un(e) sportif(ve) est opérée par un groupe de spécialistes qui évaluent sa situation en se posant trois questions principales :

1. L’origine du handicap de l’athlète est il compatible avec l’une des 10 catégories définies par le Comité International Paralympique (IPC) ?

 

2. L’athlète a t’il le minimum de handicap requis dans le sport considéré ?

 

3. Quelle catégorie de compétition est la plus adaptée au niveau de limitation d’activité constaté pour ce sportif dans ce sport particulier avec, éventuellement, avec ce matériel spécifique ?

1- Les 10 catégories de handicaps “éligibles” définies par l’IPC

Les handicaps concernés potentiellement par les sports paralympiques sont, obligatoirement, des handicaps permanents

 

Perte de force musculaire

Capacité réduite ou incapacité de contraction musculaire volontaire.

Exemples : Blessure médullaire complète ou incomplète, spina-bifida, séquelle de poliomyélite…

 

Perte de mobilité articulaire passive

Diminution de la mobilité ou mobilité passive impossible d’une ou plusieurs articulations.

Exemples : Arthrogrypose, arthrodèse…

 

Atteinte d’un membre

Absence totale ou partielle d’un os ou d’une articulation, congénitale ou conséquence d’un traumatisme ou d’une maladie.

 

Différence de longueur de jambe

Jambes de longueurs différentes, consécutivement à un problème de croissance ou à un traumatisme. Dans la plupart des sports paralympiques, la différence minimale admise est de 7cm.

 

Petite Taille

Longueurs réduites des os des jambes et/ou du tronc.

Exemples : Achondroplasie, Disfonctionnement hormonal, ostéogénèse imparfaite…

Une taille maximum est fixée dans les sports concernés. En athlétisme, par exemple, la taille maximum est de 1m45 chez les hommes et de 1m37 chez les femmes.

 

Hypertonie

Accroissement de la tension musculaire et réduction de la capacité d’un muscle à s’étirer suite à une atteinte du système nerveux central.

Exemples : Infirmité Motrice Cérébrale, Traumatisme crânien, Sclérose en plaques…

 

Ataxie

Problème de coordination motrice suite à une atteinte du système nerveux central.

Exemples : Infirmité Motrice Cérébrale, Traumatisme crânien, SEP…

 

Athétose

Mouvements lents, continus et involontaires.

Exemples : Infirmité Motrice Cérébrale, Traumatisme crânien…

 

Déficience Visuelle

Vision réduite ou nulle suite à une détérioration de l’appareil oculaire, du nerf optique ou du cortex visuel.

Exemples : Rétinite pigmentaire, rétinopathie diabétique…

Le handicap visuel minimum accepté est de 1/10ème du meilleur œil après correction ou un champ visuel réduit à 20° maximum.

Handicap intellectuel

Déficience intellectuelle et limitation des capacités d’adaptation, affectant les aptitudes sociales, conceptuelles et pratiques nécessaires dans la vie quotidienne.

Ce handicap doit être présent avant l’âge de 18 ans. La mesure du Quotient Intellectuel fait partie des éléments pris en compte, ce dernier ne devant pas dépasser 70.

 

Origines de handicaps non considérés par l’IPC

• Douleurs

• Handicap auditif

• Perte de tonus musculaire

• Hyper laxité articulaire

• Instabilité articulaire (Luxation récurrente…)

• Limitation de l’endurance musculaire

• Atteinte des fonctions cardiovasculaires

• Atteinte des fonctions métaboliques

• Tics, T.O.C., persévération tonique…

 

Des sports inégalement accessibles aux différents types de handicaps

Chaque sport paralympique définit à quels types de handicaps s’adressent ses compétitions. Certains sports sont ouverts à tous les groupes de handicaps de l’IPC (Athlétisme, Natation), quand d’autres sont spécifiques à un seul type de handicap (Judo, Goalball…) ou à plusieurs groupes déterminés (Cyclisme, Equitation…)

 

2- Le handicap minimum

Les règles de classification de chaque sport définissent le niveau minimum de handicap qui donne accès aux compétitions paralympiques.

Il peut s’agir de la taille maximum, du niveau d’amputation, du maximum d’acuité ou de champ visuel…

La définition du handicap minimum, qui repose nécessairement sur une étude scientifique de l’impact d’un handicap sur la performance dans le sport considéré, est logiquement spécifique à chaque sport paralympique, à de rares exceptions près.

Ainsi, un même athlète peut être autorisé à concourir dans un sport et refusé dans un autre. Dans ce dernier cas, cela ne veut pas dire que le handicap n’est pas réel, mais c’est une décision qui relève de la règle du sport considéré.

 

3- La catégorie de compétition

Les athlètes sont placés dans des groupes de compétiteur(rice)s dont les niveaux de limitation fonctionnelle dans l’activité considérée sont jugés « similaires », afin que la compétition soit la plus équitable possible.

Ainsi, les catégories sont différentes d’un sport à l’autre et même parfois, au sein d’un même sport, d’une spécialité à l’autre. De même, les types de handicaps des concurrents ne sont pas forcément identiques puisque la répartition repose sur l’impact du handicap sur la performance sportive et non sur la nature de ce dernier.

L’évaluation d’un(e) sportif(ve) en vue de la compétition se déroule nécessairement en amont de la compétition. Elle peut s’opérer au niveau national. Mais seul l’avis de classificateurs internationaux pourra donner accès aux compétitions paralympiques.

Un athlète peut être évalué plusieurs fois durant sa carrière, parce que son handicap aura évolué et qu’il sollicitera un réexamen ou à l’initiative de sa fédération internationale.

 

4- L’examen de classification

Ainsi, l’examen de classification peut être source de stress pour le(a) sportif(ve), du fait de ses enjeux sur les résultats futurs.

De plus, le(a) sportif(ve) peut éprouver une certaine gêne dans une procédure durant laquelle il(elle) peut être amené(e) à se faire physiquement « manipuler » par un évaluateur médical et sera observé(e) dans l’exécution de différents gestes sportifs.

Aussi convient-il de se préparer à cette échéance et de l’aborder sereinement en conscience de la règle de bienveillance, d’impartialité et de confidentialité qui s’impose à tous les classificateurs.